Les traducteurs à Tolède

Soutenance de thèse
Dates
mardi 6 octobre 2026 14h00 -18h00
Lieu
Maison de la recherche de Toulouse
5 allée Antonio-Machado, Toulouse
Salle D29

Nour Dahmani soutiendra sa thèse

Les traducteurs à Tolède : l'environnement social des chanoines du milieu du XIIe siècle au milieu du XIIIe siècle

Sous la direction de Daniel BALOUP (Université Toulouse – Jean-Jaurès) et Cyrille AILLET (Université Lyon 2), le mardi 6 octobre, à partir de 14 heures à la Maison de la recherche de Toulouse.

Jury : Cyrille AILLET (Université Lyon 2), Amaia ARIZALETA (Université Toulouse – Jean-Jaurès), Daniel BALOUP (Université Toulouse – Jean-Jaurès), Cándida FERRERO HERNÁNDEZ (Universitat Autònoma de Barcelona), Nathalie GOROCHOV (Université Paris-Est-Créteil-Val-de-Marne), Pascal MONTAUBIN (Université de Picardie Jules‑Verne), Emmanuelle TIXIER DU MESNIL (Université Paris Nanterre).

Résumé

Entre le milieu du XIIe siècle et le milieu du XIIIe siècle, une dizaine de clercs identifiés se sont rendus à Tolède à la recherche de textes arabes de sciences profanes. Devenus chanoines à la cathédrale, ils se sont livrés à une activité de traduction menée, pour l'essentiel, sans commanditaire ni mécène. Au même moment, la ville de Tolède, composée de mozarabes, de Castillan, de Francs, de juifs et de quelques musulmans, connaît une intense phase d'arabisation de ses élites laïques et ecclésiastique.

Cette thèse cherche à comprendre dans quel contexte social l'activité de traduction s'est épanouie. Le milieu de la cathédrale est, à ce moment, un véritable acteur de la diffusion de l'arabe. Les archevêques comme les chanoines s'en approprient l'usage pour façonner et diffuser leurs représentations du pouvoir ecclésiastique. La maîtrise de savoirs juridiques, linguistiques et scientifiques apparaît alors comme un instrument de pouvoir autant que comme un outil de définition d'une appartenance à une communauté urbaine.

À partir des sources notariales produites par les élites laïques et ecclésiastiques et des manuscrits des traducteurs, cette thèse étudie les transferts culturels à l'échelle des individus et de leur entourage. Elle questionne les effets de cet environnement social sur les traducteurs. Par leur activité de traduction, ils prennent part à l'entreprise de définition d'une identité canoniale qui emploie le latin et l'arabe comme langues de savoir et de pouvoir.

Intervenant
DAHMANI Nour