Marquer son église : les princes en leurs collégiales

Ouvrage
Date de publication
31/03/2026

Thomas LACOMME, Ewen THUAL (dir.)
Marquer son église : les princes en leurs collégiales
(IXe-début XVIe siècle)
CERCOR, coll. Communautés, congrégations et ordres religieux, 
ISBN 978-2-959-87331-7
2026, 230 p.
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Les princes d’Occident ont cherché, entre le IXe siècle et le début du XVIe siècle, à inscrire leur renommée dans un cadre pérenne, associé à leur emprise territoriale, et se sont appuyés pour ce faire sur l’Église et, en particulier sur des collégiales. Ils ont ainsi déployé des stratégies d’appropriation, voire de réappropriation dans le cas d’héritage ou de conquête d’un nouveau territoire. Se dessine alors une logique de privatisation de l’espace sacré, phénomène d’autant plus étonnant au moment où s’imposent les canons de la réforme grégorienne, qui cherche à séparer affaires profanes et sacrées.

Ce volume réunit onze textes d’historiens, historiens de l’art et archéologues, qui appréhendent de manière transdisciplinaire les formes, manifestations et significations de l’appropriation princière des collégiales séculières, d’un point de vue monumental et documentaire. Ils s’intéressent à la présence réelle des princes en leurs collégiales, eux qui étaient les principaux voisins de ces églises ou qui les fréquentaient régulièrement. Ils interrogent les effets de la proximité princière sur la communauté canoniale. Sont analysés les marques et symboles des princes qui figurent dans les collégiales, qu’il s’agisse de signes sur les vitraux, de marques héraldiques sur les murs, de représentations symboliques des princes sur les textiles des desservants ou sur la matrice des sceaux des chapitres canoniaux.

Ces études interrogent enfin le rôle des collégiales dans l’affirmation du pouvoir des princes, à travers les cérémonies qu’elles accueillaient et les dévotions aristocratiques dont elles furent le support. L’appropriation de ces institutions religieuses participe ainsi au rayonnement du maître des lieux sur sa principauté et devient l’un des fondements de sa légitimité.